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Article publié sur le site construction21.org le 13 août 2022

Rencontre avec Pierre Lacarrière, entrepreneur et distributeur exclusif des brasseurs d’air Exhale Fans en Europe. Sa solution pour un meilleur confort d’été des bâtiments ? Un brasseur d’air sans pales particulièrement innovant, qui répond à la fois aux exigences de la RE2020 et au confort des usagers.
Les températures atteintes cet été inquiètent par leur ampleur mais surtout par leur récurrence. Face à cette période de sécheresse et de canicule sans précédent, certaines villes passent à l’action. À Toulon dans le Var, la mairie mène cet été des travaux dans plusieurs écoles de la commune et installe des équipements tests visant à rafraîchir les salles.

Comment est né le projet Exhale ?

Il y a quelques années, j’ai construit ma maison, et mon épouse ne voulait pas que l’on y installe de climatisation : elle trouvait cela à la fois écologiquement peu intéressant, mais aussi désagréable à cause de la sensation de souffle froid. Nous avons donc cherché à installer des ventilateurs chez nous. Nous avons trouvé un modèle atypique sur une plateforme de financement participatif, un brasseur d’air non distribué en France et qui émergeait à peine aux Etats-Unis. Nous avons décidé de le cofinancer, puis de le distribuer à notre tour : c’est comme ça que l’aventure Exhale a débuté.

Et puis le projet a grandi, car les particuliers ont tout de suite été intéressés par ce produit, grâce au côté design et innovant d’Exhale par rapport à un brasseur d’air classique. Depuis peu, notamment avec l’arrivée de la RE2020, les professionnels s’y intéressent également.

Quelles sont les spécificités d’Exhale par rapport aux autres appareils du marché ?

A la différence d’un ventilateur de plafond traditionnel à pales, il ne souffle pas l’air en-dessous de lui, mais il l’aspire par le centre pour le renvoyer à 360° sur les côtés, c’est-à-dire partout dans la pièce. On a donc un effet d’enveloppement qui fait que l’on ressent un effet de rafraîchissement particulièrement agréable. Par ailleurs, il permet de gagner quelques degrés chez soi, jusqu’à 4, alors que sa consommation énergétique est très faible : moins de 50 watts en vitesse maximale. Cela représente donc un double avantage !

Exhale est aussi très intéressant en termes de sécurité : il n’y a pas de pales, donc pas de risques de se blesser. C’est un gros plus pour les particuliers : on pense aux lits superposés, aux plafonds bas, aux enfants… C’est aussi pour cela que nous avons équipé de nombreux bâtiments publics tels que des écoles ou des crèches.

Enfin, je pense qu’il y a vraiment un avenir important sur le brasseur d’air, et sur l’Exhale en particulier, du fait que ce soit une solution très simple. Même si le ventilateur n’était pas prévu dans le bâtiment au départ ou dans le cas d’une rénovation, c’est possible : il suffit d’avoir une arrivée électrique. Vous n’avez pas besoin de prévoir un tuyau d’évacuation ou d’élargir les murs; vous ne touchez pas au bâti ! Ce n’est pas le cas de plusieurs alternatives telles que le puits canadien ou la ventilation double flux, par exemple.

Votre ventilateur peut donc s’adapter à tous les types de logement ?

Le seul cas que j’exclurait, ce serait éventuellement les grands entrepôts accueillant du public, comme les hypermarchés à grande hauteur sous plafond ou les centres de stockage où des ventilateurs HVLS sont plus adaptés. Mais à part ça, depuis deux ans Exhale décolle, nous sommes présents chez les particuliers, dans des collèges et lycées, des hôtels, des crèches, des mairies, des bâtiments municipaux, des salles polyvalentes… La solution s’adapte chez quasiment tout le monde.

La seule limite de performance du brasseur d’air, c’est d’avoir un bon calepinage, et de ne pas penser qu’un seul ventilateur va pouvoir faire baisser la température de 4°C dans une pièce de 100 m², mais là-dessus, nous avons affaire à des bureaux d’études qui sont réceptifs et qui comprennent ces notions.

Comment la solution Exhale s’inscrit-t-elle dans la RE2020 ? Comment avez-vous pris en compte l’aspect environnemental lors de sa conception ?

Avec la RE2020 la considération du confort d’été a évolué, avec la notion de degrés heure et des seuils de températures définis à ne pas franchir : la nuit, 26°C, et le jour, entre 26°C et 28°C. Le but est donc d’abaisser la température par les moyens les moins énergivores et les plus écologiques possible, c’est-à-dire, sans utiliser la climatisation. Le brasseur d’air est donc l’une des solutions qui répond particulièrement bien aux exigences de la RE2020.

L’autre force d’Exhale, c’est qu’il fait 18 cm de hauteur : c’est le plus plat du marché. Cela lui permet de s’adapter plus facilement à tous types de bâtiments, mais aussi de rentrer dans les normes de sécurité en vigueur définies dans la RE2020 : ne pas descendre à moins de 2m30 de hauteur sous pales.

Comptez-vous le faire évoluer avec de nouvelles fonctionnalités ?

Au-delà des considérations écologiques, il y a la volonté des consommateurs et de nos clients d’être plus technologiques, plus modernes et connectés, c’est pourquoi nous travaillons sur un système de thermostat. On a aussi proposé des solutions avec des télécommandes filaires pour les écoles. On veut donc intégrer la notion de fonctionnalités intelligentes, c’est à dire la domotique, tout ce qui va permettre de commander le ventilateur à distance et faciliter l’utilisation.  

En résumé, on écoute les envies et besoins de nos clients pros et particuliers, tout en continuant à regarder la réglementation en vigueur.  

Quel est l’avenir des systèmes de rafraîchissement selon vous, notamment à l’aune du réchauffement climatique ?

Quel que soit le scénario climatique catastrophe qui nous attend, il aura un impact important sur la façon dont on doit construire le nouveau et rénover l’ancien. Les professionnels l’ont déjà compris et intégré, et le grand public, lui, commence à s’en rendre compte. Notre consommation énergétique au sens large va évoluer, et cela passe par l’habitation.  

Une climatisation qui coûte seulement quelques centaines d’euros, en fait, consomme 400€ par mois d’électricité quand elle tourne à plein régime. Sans parler du fait qu’elle réchauffe l’atmosphère extérieur.

Je suis donc relativement optimiste sur la prise de conscience. Après, savoir si elle suffira, on ne le sait malheureusement pas.

Avez-vous d’autres solutions en cours de développement que vous souhaitez nous présenter ?

On s’est rendu compte que on avait une très bonne écoute et un très bon accueil de nos interlocuteurs professionnels : les collectivités, les mairies, les bureaux d’études, les architectes… Tous sont demandeurs d’informations complémentaires sur des produits innovants.  

On est donc en train d’élargir notre gamme à d’autres solutions pour améliorer les économies d’énergie et répondre aux problématiques de la RE2020 et aux besoins des clients. Nous avons l’équipe avec l’expertise technique pour. Pour vous donner des pistes, on travaille sur des éléments qui permettent de tester la qualité de l’air intérieur, des détecteurs de CO2, mais aussi des brouilleurs d’onde Wifi, des stores vénitiens innovants, des filtres pour absorber une partie des rayons qui rentre dans les salles de classe pour diminuer la chaleur… 

Des solutions qui ne sont pas de la climatisation, mais qui permettent de réduire la dépense énergétique et améliorer le confort, le tout en restant abordables et simple à mettre en place.